LE REMORQUAGE PAR CERF-VOLANT

     


L'idée




Cherchez l'intrus...    Le planeur, loisir silencieux par excellence, est une mine d'or pour qui aime voler calmement, accumuler des heures de vol juste pour le plaisir, comme pour celui recherchant la performance et la vitesse avec certaines bêtes de course . On retrouve ces deux visions chez les lucanophiles (si, vous savez ceux qui tirent sur des ficelles avec des morceaux de tissu au bout...) : on ne peut rester indifférent devant les magnifiques "statiques" que l'on voit dans les festivals, alors que les "pilotables" les plus modernes ont des performances étonnantes . Alors pourquoi ne pas combiner ces deux passions ?
   C'est en adhérant à l'association havraise "Vent de fous",connue au plan international dans le monde du Cerf-volant, que l'idée a germé de remorquer un planeur à l'aide d'un cerf-volant . En collaboration avec le "Modèle Air Club de l'Estuaire", dynamique club du Havre dont je faisais déjà partie depuis quelques temps, le coté technique de cette expérience a été étudié, à partir des connaissances de chacun, et sur les bases d'une expérience déjà tentée par B. Hannus de Strasbourg.


Le matos



Du coté des modélistes :


Détail du crochet    C'est le célèbre Slider de JL Coussot qui a servi aux premiers essais. Sa solidité et sa faible masse ont été profitables pour un premier décollage disons ... mouvementé ! Depuis, d'autre modèles ont servis de cobail : un autre lancé main perso, mais aussi un maverick (1.40m, 700g), et un "bolide de falaise" bien de chez nous (1.70m, 1.600kg, Rg14), mais là c'était un peu chaud !!
   Le largage du planeur est commandé par le pilote, en butée à cabré sur la profondeur, même si priori on peut réaliser un système de largage mecanique lié au navigateur. Mais bon, en cas de pépin, on ne sait jamais... Le crochet est des plus simples, du même type que ceux utilisés en remorquage avion (voir croquis), et placé dans le nez de l'engin. Cette disposition est préférable dans la mesure où le planeur participe à la portance pour s'élever le long de la ligne (voir plus loin...)

Du coté des "cerf -volistes" :


les cotes du rokkaku    Dans sa version définitive, le cerf-volant utilisé pour la mise en altitude était une aile delta monoligne d'environ 2000 mm d'envergure, au bout d'une ligne de 60 m. Si ce genre de cerf-volant n'offre pas une traction phénoménale (quoique..), il a le grand avantage de monter sous un fort angle même pour des vents modérés, soit jusqu'à 80 de l'horizontale. On pourra aussi utiliser un "rokkaku" , cerf-volant réputé pour sa stabilité et ses qualités de "porteur", mais surtout très simple à réaliser.
le 'voyageur', 'navigateur' ou encore 'messager' ...    Le planeur était quant à lui remorqué pendu sous un "navigateur", une sorte de petit cerf-volant qui monte le long de la ligne du cerf-volant principal jusqu'à une butée, pour ensuite redescendre tout seul sous son propre poids, sa voile repliée dans le lit du vent. Il faut savoir que le navigateur constitue en quelque sorte le "point faible" de l'ensemble, car c'est de sa fiabilité que dépendent le confort et la réussite de l'opération. Un navigateur qui a du mal à monter, c'est stressant, car tant que l'on n'a pas atteind une certaine altitude, on ne peut pas faire grand chose si ça tourne au vinaigre; et un qui ne redescend pas oblige à tout redescendre.
   Si la surface de la voile du premier navigateur utilisé convenait bien au Slider, un modèle plus toilé a été réalisé, car il difficile de monter plus de 600-700 g avec un petit voyageur sans voler dans la tempête. La forme de la voile n'est plus la même, et elle se replie de façon différente.

Pour plus d'infos, consulter la fiche technique.

   Les matériaux utilisés sont le carbone (que l'on peut remplacer par du bois dur genre ramin) et la fibre de verre pour l'armature, ainsi que la toile de spi pour la voile. On peut les trouver à des prix raisonnables soit dans les magasins (réellement) spécialisés, soit dans les magasins "décathlon", pour un choix et une qualité moindre.
   Tous ces élements sont relativement simples à réaliser avec un minimum de soin, même sans être un "couseur professionnel" (dans le jargon)!



Les essais en vol :



   Deux types de remorquage différents ont été testés . Dans les conditions instables des tout premiers essais, le slider a éte accroché, juste pour voir, un mètre derrière un "Masque", cerf-volant pilotable de "l'atelier cerf-volant", près d'Auxerre (pub gratuite!). Cet engin de compétition, assez lent par rapport à d'autres, montait cependant le planeur à l'altitude de 40 m environ (ce que permettaient les lignes) en moins de 3 secondes ! Et ce dans le sillage du cerf-volant, peu apprécié puisqu'une vidéo de la première montée nous montre un beau tonneau et demi, suivit d'un largage sur le dos... Quelques montées ont ainsi été effectuées. C'est une solution envisageable pour qui possède déja un cerf-volant pilotable (mais attention : d'au moins 2,2 m), malgré le coté plus qu'inconfortable de la situation.


Il n'y a plus qu'à attendre d'être arrivé en haut !!    Les essais suivants, avec le matériel décrit dans la fiche technique, se sont déroulés sous des vents plus réguliers. Le premier travail consiste à monter le cerf-volant porteur à l'altitude désirée, puis à le fixer solidement au sol ou le confier à une bonne âme, prête à réagir en cas de baisse de vent. On fixe ensuite le navigateur sur la ligne et on vérifie son bon fonctionnement en le laissant monter seul. Une fois celui-ci redescendu (s'il est resté en haut, on doit tout ramener au sol et recommencer!), on peut faire partir le planeur. Comme précedement derrière le "masque", on tend progressivement la corde au bout de laquelle est pendu le planeur, puis on lâche sans trop attendre, en accompagnant au début ; ne faites pas comme moi : en lachant trop brutalement, la ligne accusé le coup et le stab du slider s'est retrouvé 3cm sous terre (heureuseument, c'était sur du sable) ! On monte ensuite calmement, soit 20 à 25 secondes pour 60 m de ligne. Malgré un vent modéré, le slider volait pratiquement au court des montés, et on pouvait très bien le controler à la dérive ; attention cependant à ne pas surcorriger, cela devient plus instable qu'en laissant aller (c'est du vécu !).
   Arrivé au sommet, on peut larguer. Le largage est suivi d'une belle abatée, liée au crochet placé dans le nez de l'appareil : le modèle est, malgré le vent relatif, pendu à une incidence supérieure à celle de décrochage, quand ce n'est pas carrément à la verticale pour des engins plus lourds que le Slider ! comme je le dissais plus haut, il vaut mieux conserver cette disposition, on évite ains de transformer le planeur en un "poid mort", il participe ainsi un peu à la portance du navigateur.
   Cela dit, des essais ont été réalisés en attachant le planeur par le stab. Le largage alors déclenché par le navigateur arrivant en butée : plus d'abatée, l'appareil raccroche alors directement les filets d'air, mais par contre c'est presque plus impressionnant et il faut controler la ressource pour ne pas déclencher. Avec un lancé main, rien de bien délicat, mais avec un engin plus pointu qu'un lancé main, c'est impressionnant.



   Voilà, à vous de jouer maintenant. Car rien ne remplace l'expérience. Il y a certainement des tas de trucs à faire et à essayer.

   Surtout, si vous connaissez près de chez vous un club de cerf-volant, n'hésitez pas à les contacter, les lucanophiles sont des gens aussi ouverts et passionnés que peuvent l'être les modélistes.



modélisme ou Cerf-Volant



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